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Comment créer un Euro de richesse en France?

par Patrice Gaul




Quelques questions à Valérie Rabault, Montacutaine de naissance, co-auteure avec Karine Berger du livre « Les Trente Glorieuses sont devant nous » aux éditions rue Fromentin. Valérie Rabault étant également secrétaire de section PS en Tarn-et-Garonne.



PG : le jour de la sortie du livre, vous avez fait la Une du Parisien /Aujourd'hui en France. Depuis, vous enchaînez avec votre co-auteur les plateaux télé (Soir 3 de France 3, France 3 Midi Pyrénées, Capital, France 2, LCI), les émissions radio (France Culture, France Inter, Europe 1, etc...) et les interviews à la presse écrite (Nouvel Obs, Libération, Figaro, Express, Challenges, etc). Vous attendiez-vous à un tel écho ?

VR : Franchement non. Nous avons été les très surprises, avec cette impression que nous étions parmi les 1ères à dire: arrêtons de nous auto flageller, essayons simplement de nous poser la question des solutions. Cette démarche pouvait apparaître nouvelle, tant il est vrai qu'au cours des 10 dernières années, le discours économique a été confisqué par les « déclinologues » qui nous assènent continuellement que la France est « foutue ».

PG : Votre premier chapitre est en fait une fiction qui raconte la France de 2040. C'est une première pour un essai de politique économique ?

VR : Oui et non. Oui, parce qu'il est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de livres d'économie qui racontent une histoire. Pour nous l'histoire, c'est celle de ce que pourrait être la France dans 30 ans, une France qui aurait arrêté de déprimer sur son avenir collectif. C'est vrai que dans les sondages, les Français sont pessimistes. Pourtant ils sont de tous les Européens ceux qui font le plus d'enfants, ce qui témoigne quand même d'une espérance dans l'avenir. Non, ce n'est pas une première. C'est en fait un hommage à Jean Fourastié qui a en 1979 inventé le terme « trente glorieuses ». Le prélude de son livre raconte aussi une histoire qui se déroule à Douelle, près de Cahors.

PG : Vous parlez des 30 glorieuses « devant nous ». Est-ce qu'elles ne sont pas plutôt derrière nous ?

VR : Quand en 1946, Jean Monnet a imaginé le 1er plan à l'origine des « vraies » 30 glorieuses, la France était détruite, les ressources manquaient. Pourtant, lui et d'autres ont été capables non seulement d’inventer des solutions de reconstruction, mais surtout de modernisation et de création de la croissance. Pourquoi 'aujourd'hui ne tenterait-on pas le même exercice, en se forçant à définir une vision pour la France dans 10 /20 / 30 ans ? Les autres pays – Chine et Brésil en tête – ne nous attendent pas, et c'est comme cela qu'ils procèdent. Avec Karine Berger, nous savons bien qu'il sera difficile de retrouver les 5% de croissance des 30 glorieuses, dont une partie provenait du rattrapage avec les Etats-Unis. En revanche, on démontre que les 2,5% / 3% de croissance, qui nous sont nécessaires pour continuer à assurer nos équilibres sociaux, sont atteignables.

PG : De quelle manière y parvenir?

VR : On dit essentiellement 2 choses : d'abord qu'il faut revenir au modèle français d'origine. C'est un « tri moteur » avec la liberté, qui est celle du partage des risques entre l'Etat et les entreprises privées. C'est la France qui a inventé cette collaboration unique au monde. Second pilier : l'égalité avec le partage des richesses. Cela passe par la protection sociale et la possibilité d'ascenseur social. Enfin le 3ème : la fraternité car la France n'est pas seule au monde, donc elle doit être active pour organiser ses relations économiques. Ensuite, on fait une proposition pour dire ce à quoi cela pourrait ressembler concrètement. On propose ainsi un plan d'investissement de 90 milliards d'euros sur 3 ans, pour 5 priorités dont 3 secteurs (transport / énergie /santé).

PG : Est-ce réaliste quand on nous dit que la dette est déjà très élevée ?

VR : Si on ne fait rien, la mécanique de la dette s'emballera toute seule, c'est à dire que les intérêts que nous aurons à payer à ceux qui prêtent de l'argent à la France seront tellement importants qu'on n'aura plus aucune marge de manœuvre pour toutes nos autres dépenses pourtant essentielles à notre société et à notre développement économique (éducation, santé, etc). Donc il faut faire quelque chose maintenant, car les taux d'intérêt sont historiquement bas, ce qui fait que l'investissement revient moins cher.

PG : Au fond, votre livre ressemble un peu à un programme économique? Les politiques vous ont ils contactées ?

VR : Sortir un essai de politique économique un an avant les échéances majeures de 2012 n'est pas anodin. On a voulu apporter notre petit caillou au débat, on a surtout voulu dire que l'avenir de la France dépend des choix économiques qu'on va engager ou non en 2012. Après il sera trop tard (c'est le scénario noir de notre chapitre 2), on est à la croisée des chemins. Quant aux politiques, oui ils ont été plusieurs à nous contacter. Par exemple, Pierre Moscovici (député PS, ancien Ministre des affaires européennes) ou encore Michel Sapin (député PS, ancien Ministre de l’Économie et des Finances) avec lequel je viens de boucler un « entretien croisé » pour le laboratoire des idées du PS.

«Que puissent les « 30 Glorieuses » un jour nous revenir….mais il en est tant encore de « si Laborieuses » à venir ! Un livre dans les bacs des librairies et maisons de Presse.



 photo Karine BERGER et Valérie RABAULT.
Karine BERGER et Valérie RABAULT.



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Par Patrice Gaul

Le 31 05 2011 à 19 : 18


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